Coober Pedy, la ville souterraine

Coober Pedy est une cité minière, perdue en plein désert, à 846 km d’Adélaïde, la ville la plus proche. Pourquoi y aller ? Car il s’agit de la capitale mondiale de l’opale et que les gens vivent sous terre !

Dans un désert très très lointain !

Il y a près de 150 millions d’années, l’océan recouvrait la région de Coober Pedy. La silice contenue dans l’eau s’est déposée progressivement, au gré des changements climatiques, au creux des cavités et des fractures dans le sol. Des millions d’années plus tard, ce phénomène géologique a formé l’opale. Cette pierre précieuse est ce qui rend la ville de Coober Pedy unique ! Mais comment savoir où trouver de l’opale dans un territoire plus grand que l’Europe ? C’est très simple, il suffit de ne pas chercher !

En janvier 1915, un petit groupe de prospecteurs est à la recherche de nouveaux gisements d’or au sud de l’actuel Coober Pedy. En quête d’eau, le plus jeune d’entre eux (14 ans !) trouve des morceaux d’opales. En raison du manque d’eau et de la chaleur extrême, les explorateurs quittent la région non sans l’avoir cartographiée. Quelques mois plus tard, ils sont de retour et deviennent les pionniers de la prospection de l’opale.

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L’activité se développe en 1917 avec la construction d’une voie de chemin de fer et l’arrivée de nouveaux chercheurs d’opale. Pour la plupart, il s’agit d’ancien ouvriers du bâtiment et, pour affronter la chaleur du désert, ils introduisent le mode de vie souterrain. Ainsi, en 1920, Coober Pedy fût ainsi nommée par les mots aborigènes “Kupa piti” qui signifie : “homme blanc dans un trou”.

La capitale mondiale de l’opale

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Les camions « aspirateurs », emblématiques de la ville et de la prospection.

Dans les années soixante, l’industrie minière s’accroît rapidement avec l’arrivée de nombreux migrants européens venu chercher fortune. La prospection d’opale est depuis devenue une industrie de plusieurs millions de dollars et Coober Pedy une ville minière moderne. 85 % de la production mondiale d’opale provient des mines autour de la ville.

La ville est peuplée de 3500 personnes, de 45 nationalités différentes et dont 70% vivent sous terre ! Le mode de vie souterrain a perduré car il permet d’échapper à la chaleur du désert. Sous terre, la température est constamment autour de 20 degrés (à l’extérieur elle dépasse souvent 40 degrés). Cette exception troglodyte ne s’arrête pas seulement aux maisons : hôtels, églises et restaurants sont creusés au flanc des collines. De ce fait, une grande partie de la ville échappe aux premiers coups d’oeil.

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L’église serbe orthodoxe de Coober Pedy !

Le spectacle de cette ville atypique commence presque 50 kilomètres avant d’arriver à Coober Pedy elle-même ! Le paysage est à nul autre pareil. C’est une désolation lunaire qui s’offre à perte de vue, ponctuée de milliers de dunes ! Rien de naturel cependant, cela a été fait de main d’homme par les années de prospection.

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A perte de vue les alentours de la ville sont une vraie désolation.

Attention ! Au même moment où apparaissent les premiers témoignages de l’activité minière, les voyageurs sont mis en garde. Les champs d’opales ne sont pas dénués de dangers. La raison principale est l’infinité (plusieurs millions !) de forages abandonnés qui font des environs un véritable gruyère ! Ces forages permettent aux mineurs de savoir si le sol mérite d’être creusé à la recherche des précieuses opales. Si c’est le cas, le forage est agrandi et devient une mine avec à ses côtés des dunes de roches rejetées. En revanche, si le forage n’offre aucune promesse de richesse… le trou est laissé sans être rebouché. Prudence donc, ces trous font 30 mètres de profondeur et ne sont pas signalés !

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Vous voilà averti ! « Ne pas courir / Attention forages profonds / Ne pas marcher à reculons »

Comment s’occuper à Coober Pedy ?

 La seconde activité principale de Coober Pedy est le tourisme. La seule route reliant le nord et le sud de l’Australie passe par la ville minière. Un oasis pour les voyageurs ! On y trouve tout ce que l’on peut attendre d’une petite ville. Une station service, un supermarché, une bibliothèque et… un golf !

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Le « green » proche du trou est un sable mélangé à de l’huile qui imite la texture de l’herbe…

Et oui ! Un golf en plein désert ! Et pas n’importe lequel, le seul 18 trous au monde sans un seul brin d’herbe. Le golfeur courageux se déplace donc avec son petit carré de pelouse synthétique. Nous n’avons pas tenté l’expérience, mais la prochaine fois peut-être ?

L’Umoona Museum

En plein milieu de la ville, sous terre, se trouve la plus célèbre attraction de la ville : la mine d’opale Umoona. Cette mine, aujourd’hui désafectée, s’étend jusqu’à 30 mètres sous terre et ses galeries partent dans toutes les directions et passent même sous la rue principale de Coober Pedy ! La partie musée est gratuite et s’attache à expliquer la géologie, la préhistoire et l’arrivée des premiers prospecteurs d’opales. Nous avons eu la chance d’avoir la visite guidée uniquement pour nous deux, l’occasion rêvée de poser de nombreuses questions pendant la balade souterraine ! Les tunnels et les pièces sont tous d’origine. Nous passons ainsi de toutes petites galeries creusées à la pioche avec un simple lit en bois et une lampe à huile à de grandes salles excavées à la machine et avec canapé et télé ! Le contraste est saisissant entre la précarité des premiers mineurs et le confort actuel. La “maison” c’est agrandie au fur et à mesure de la prospection et l’intégralité du musée, de la boutique et même du cinéma à trois écrans est sous terre ! La visite comprend une projection de 20 minutes sur l’histoire de l’opale et de la ville. Riches de toutes ces nouvelles connaissances et avec l’espoir de trouver fortune, nous sommes allés prospecter !

Trouver de l’opale

Bien sûr, l’activité reine de la ville pour les touristes est la recherche d’opale. Plusieurs possibilités s’offrent à ceux qui souhaitent en trouver : participer à un tour organisé dans une mine en activité et miner, acheter une concession pour une centaine de dollars par an, ou gratter la terre. C’est cette troisième option que nous avons choisi ! Les piles de roches en morceaux rejetées des mines par les machines contiennent presque 10% de l’opale prospectée. Nous avons donc gratuitement et légalement tenté notre chance, armé de notre seul courage. Pas de fortune à l’horizon, pas même un caillou coloré mais l’expérience à été amusante !

Josephine’s gallery

Enfin, nous sommes allés dans une galerie d’art aborigène assez atypique. En effet, celle-ci est à la fois une galerie qui expose et reçoit des artistes aborigènes mais c’est aussi un sanctuaire pour les bébés kangourous. Nous avons ainsi fait d’une pierre deux coups ! D’abord nous avons acheté une peinture aborigène que nous avons fait envoyer directement en France, puis nous avons nourris les kangourous du sanctuaire. Il s’agit exclusivement d’animaux récupérés dans la poche de leurs mères mortes, soit de la collision avec une voiture, soit de la chasse. Notre moment préféré a été d’assister à la tété au biberon d’un bébé !

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Voici un Joey ! Un bébé kangaroo récupéré dans la poche de sa mère décédée.

The Breakaways

A 32 kilomètres au nord de Coober Pedy, en réserve aborigène, se trouvent les Breakaways. Ces basses collines sont les seules à se dresser dans les environs et il est vivement conseillé d’avoir un 4×4 pour s’y rendre. La Frogmobile a relevé le défi et nous nous sommes rendus à ces seuls reliefs à des centaines de kilomètres à la ronde. Il faut dire qu’en Australie, dès qu’il y a une colline, c’est l’extase 🙂 Blague à part, ce paysage désertique, nuancé de couleurs changeantes, nous a conquis. Très différents des tas de gravats qui entourent Coober Pedy, ici, en terres aborigènes, la prospection est interdite. Ces collines et la plaine lunaire à perte de vue ont inspiré de nombreux réalisateurs qui en ont fait les décors de leur film. Entre autres : Mad Max III (1995) et Priscilla, folle du désert (1994).

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Mad Max III n’est pas un chef d’oeuvre mais les décors sont une bonne raison de le regarder.

CONCLUSION

Coober Pedy aura vraiment été une destination atypique dans notre road trip. Nous avons été impressionés par la visite de la mine et la projection, qui nous ont permis d’apprendre l’histoire si singulière d’une ville minière. Il s’agit d’un lieu incontournable de l’Australie. Si vous avez l’occasion d’y passer, n’hésitez pas ! Si les couleurs des opales ne vous ont pas convaincus, l’atmosphère de la ville n’y manquera pas ! Et si comme moi vous êtes un fana des univers post-apocalyptique, alors cette ville est pour vous !

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On s’ennuie vite à Coober Pedy… alors pourquoi ne pas construire une épave de vaisseau spatial ?

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